REMISE EN CONTEXTE

Le Global Peace Index, rapport publié chaque année classe l’Afghanistan en première place des pays les plus dangereux au monde. La faute à une guerre civile incessante depuis bientôt 40 ans où les belligérants évoluent mais souhaitent tous une seule chose : imposer une vision politique au pays. Les civiles sont les premières victimes de ces attaques.

L’Afghanistan possède 37 millions d’habitants, chacun appartenant à différents groupe ethniques pachtounes, tadjiks, aimaks, ouzbeks, hazaras chiites, pamiris, turkmènes.

DATES CLÉS

  • 1979-1989 : Invasion russe pour porter secours au récent régime communiste afghan pendant la guerre froide. S’ensuit 10 ans d’affrontements contre les moudjahidines, mouvements de résistance afghane financés par les États-Unis. La Russie finira par raccrocher les armes et quitter le territoire.
  • 1989-1996 : Anciennement tous assemblés dans la lutte contre l’ennemi rouge, les moudjahidines se divisent entre milices tadjiks, soutenu par l’Inde et milices pachtounes, qui reçoivent le soutien Pakistan. Des conflits et des prises de territoire face un gouvernement désemparé, permettront successivement au chef tadjik Massoud de prendre le pouvoir en 1992. Ce dernier est chassé en 1996 par les talibans, milice pachtoune crée par le Pakistan en 1992 et dirigée par Mollah Omar, qui devient le chef du pays et impose un islam rigoriste autoritaire.
  • Octobre 2001 : Début de l’intervention américaine en Afghanistan en riposte aux attentats du 11 septembre. Les talibans sont chassés du pouvoir. C’est le début de 19 années de conflits armés.
  • 2 mai 2011 : Exécution d’Oussama Ben Laden, tué par un commando américain en 2011 alors qu’il se réfugiait dans le pays.
  • 29 février 2020 : Les forces américaines et les talibans se mettent d’accord sur un retrait des troupes américaines du territoire sous un délai de 14 mois.

ET MAINTENANT : Depuis Septembre 2020

Pourparlers entre les talibans et le gouvernement afghan pour mettre fin au conflit, qui commencent à s’éterniser tant, les revendications de départ sont éloignées. Affaire à suivre…

QUI RÈGNE SUR LE PAYS ?

Le pays possède à l’heure actuelle un régime démocratique.

ASHRAF GHANI a été élu en 2014 puis réélu en pour un second mandat de 5 ans en 2019, dans des présidentielles souvent ponctuées de défaillances et de soupçons de fraudes qui sèment un doute quant au caractère démocratique des élections.

La jeune république tient aujourd’hui à sa constitution qui assure tolérance et protection aux différents minorités religieuses du pays, notamment les chiites, souvent pris pour cibles par l’EI.

L’armée afghane, pilotée par l’administration américaine mais mal équipée et gangrénée par la désertion, se révèle inefficace à contrer les attaques perpétrées par les talibans et l’El.

TALIBANS

Groupe politique armé dont la majorité provient de milieux ruraux. Ils sont auteurs d’innombrables attentats depuis leur création (en 1992) par le Pakistan.

Ils mettent en avant une volonté d’instaurer un système dans lequel la loi serait dictée par un islam rigoriste. Ils ne reconnaissent pas le gouvernement de Kaboul, qualifié de « marionnette » de Washington. Ils se présentent également en rempart face à la menace de l’El.

A l’heure actuelle, le gouvernement afghan contrôle environ 65% du territoire du pays. Les zones sont aux mains des talibans ou sont disputés avec le gouvernement.

ÉTAT ISLAMIQUE : ÉPILOGUE

Présent en Afghanistan depuis 2015, a multiplié les attaques contre la communauté chiite dans le pays et s’oppose farouchement au gouvernement tout comme aux talibans.

En moins de 10 jours (Le 24 octobre et le 2 novembre), 2 attentats meurtriers revendiqués par l’Etat Islamique ont eu lieu à Kaboul, ciblant des étudiants des quartiers chiites de la capitale.

Le président afghan Ashraf Ghani avait pourtant assuré en novembre 2019 que l’État islamique avait été « anéanti » en Afghanistan suite à la reddition en masse de combattants du mouvement.

LE RÔLE DES ETATS-UNIS

Des frappes aériennes américaines ont grandement affaiblis les positions de Daesh, au même titre que les multiples offensives des forces gouvernementales et des talibans. Chassés de son bastion du Nangarhar province frontalière du Pakistan, ses combattants demeurent présents dans le territoire voisin du Kunar ainsi qu’à Kaboul.

Les américains investissent massivement dans le pays afin de contenir l’exil des afghans vers l’Europe. Ces derniers représentent la 2e plus grandes communautés réfugiées en Europe.

Les talibans attendent du président élu Joe Biden qu’il respecte l’accord signé avec son prédécesseur Donald Trump pour retirer les troupes américaines d’Afghanistan. Biden souhaite y maintenir une petite force pour empêcher « les extrémistes de constituer une menace pour les États-Unis et leurs alliés. »

BONNE CONTINUATION ?

Si les États-Unis retirent effectivement toutes leurs troupes, le risque est d’assister à un retour à l’anarchie des factions par un effondrement du gouvernement central, largement considéré comme corrompu et incompétent.

La Chine, la Russie, l’Iran, le Pakistan et l’Inde se disputent déjà l’influence du pays en soutenant leurs factions favorites avec comme objectif la main mise sur des couloirs stratégiques pour un meilleur accès à la mer (océan indien) ou aux ressources (opium).

Les talibans ont accepté de ne pas soutenir les groupes terroristes qui visent l’Occident, mais sans contrôle du bon respect de cette clause, il est très probable que plusieurs seigneurs de guerre locaux émergent avec un contrôle de facto.

Affaire à suivre…

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