Ce mercredi 2 février 2022, la Commission européenne a annoncé la création d’un label vert concernant les centrales nucléaires et au gaz. Ce label, soutenu par plusieurs critères exigeants (limitation dans le temps pour les centrales, obligation d’utilisation des meilleures technologies possibles, permis de conduire obtenu avant 2045 pour les nouvelles centrales atomiques, nécessité pour EDF d’avoir des plans efficaces pour gérer les déchets radioactifs) entend classer le nucléaire au rang d’énergie verte, énergie qui apporterait sa contribution à la lutte contre le changement climatique.

Le texte, adopté malgré les protestations répétées de nombreuses ONG, doit aider à soutenir les fonds privés vers des activités réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Ce texte vise à atteindre l’objectif neutralité carbone en 2050, mais divise les pays de l’Union européenne autour de la question de la « durabilité » du nucléaire.

La Commission européenne a-t-elle raison de considérer le nucléaire comme énergie verte et quelles sont les critiques soulevées par l’adoption de ce label ? Et qu’en est-il des déchets
radioactifs émis par les centrales ?

Le nucléaire aujourd’hui, qu’est-ce que ça représente ?

L’énergie nucléaire représente actuellement la troisième source d’énergie mondiale, après les énergies thermiques et hydrauliques. La France accorde, elle, une importance conséquente au nucléaire : en effet 75% de son mix énergétique lui est dédié. 58 réacteurs sont répartis de manière homogène sur l’intégralité du territoire français et font de la France le parc nucléaire le plus important au monde en proportion de sa population. Cependant, la question du nucléaire et son appellation « verte » provoque des vagues de protestations chez certains partis écologistes européens et certaines associations non gouvernementales.
Ils accusent par exemple les déchets nucléaires d’être radioactifs et nocifs pour l’environnement pour plusieurs milliers d’années.

Le nucléaire, une alternative écologique aux énergies fossiles ?

En apposant le label vert aux centrales nucléaires et à gaz, Bruxelles, soutenue par la France, a pris la décision ce mercredi 6 février de classer le nucléaire au rang d’énergie de transition pour favoriser les financements d’installations contre le réchauffement climatique. En effet, selon Pascal Canfin, Président de la Commission Environnement au Parlement Européen, « il y a besoin de toutes les énergies décarbonées pour lutter contre le réchauffement climatique, mais aussi du nucléaire ». Bien que la Commission ait pris cette décision, elle a aussi posé des critères exigeants pour considérer le nucléaire comme énergie verte, par exemple une stricte gestion des déchets radioactifs. Selon Maud Bregeon, porte-parole LREM et ingénieure dans le nucléaire, « une grande partie des déchets sont recyclés et réutilisés, une autre partie est enfouie, mais pas radioactifs pour longtemps ». Les experts en faveur du nucléaire avancent aussi que le nucléaire est un mode de production qui n’émet pas de CO2 et réduit donc son impact sur l’effet de serre. Ce serait ainsi un moyen de produire de l’électricité plus verte avec un coût plus faible et avec une certaine sûreté : le projet CIGEO voté en 1991 à l’Assemblée nationale (Centre industriel de stockage géologique) anticipe le stockage des déchets nucléaires français de haute activité et moyenne activité à vie longue et a pour objectif de protéger l’homme et l’environnement du danger que représente la radioactivité des déchets nucléaires. Il suscite des interrogations légitimes dans l’opinion publique française même si la France est l’un des principaux pays à soutenir l’atome.

Une loi qui suscite cependant des divisions au sein de l’Union européenne

Cependant, un groupe de pays composé notamment de l’Autriche, du Luxembourg et de l’Allemagne s’opposent vivement à cette loi sur le nucléaire. Par conséquent, un rapport de force législatif entre pays européens a été mené pour venir à bout des débats et remises en question sur la question du nucléaire.
Les pays alliés de l’atome sont parvenus à réunir le plus de votes. L’Allemagne trouve elle
majoritairement son énergie des centrales à charbon, mais investit en masse dans l’éolien, le solaire et le gaz, même si sa dépendance à la Russie est critiquée. La semaine dernière, l’Autriche a avancé une intention d’attaquer en justice la Commission européenne, partagée également par le Luxembourg. Ces contestations émergent de dangers indéniables liés au nucléaire : risques d’accident radioactifs, radioactivité des déchets nucléaires qui posent des difficultés à être enfouis sous terre, vieillissement croissant des centrales et de ses infrastructures…

Le Parlement européen ainsi que le Conseil européen ont néanmoins encore la possibilité de rejeter le texte par un vote à majorité simple, sur une période de quatre mois.

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