8 mars. C’est la journée internationale des droits des femmes. A l’appel de plus d’une trentaine d’associations, des milliers de femmes se sont rassemblées pour l’égalité à travers la France. Au programme ? Des dizaines de revendications dont celles de reconnaître l’égalité avec les hommes au travail.

« Résiste ! Prouve que tu existes ! » La chanson de France Gall résonne sur les pavés du boulevard Magenta à Paris, près de quarante ans après sa sortie. Dès 13h, le cortège s’engage à la Gare du Nord pour rejoindre l’hôpital Tenon. Une marée colorée déferle dans les rues. Le violet domine, symbole du combat des femmes pour leurs droits. « Nous sommes fortes, nous sommes fières, radicales et en colère ! » Ce slogan est scandé puis repris des dizaines de fois par la foule.
Dans le rassemblement, trois septuagénaires se blottissent. Jeannine, Simone et Marie-Laure sont d’anciennes employées de banques. Toutes les trois se remémorent leurs premières manifestations : il y a quelques années pour Simone, contre environ sept ans pour Jeannine. Mais ce n’est pas la première manifestation de Marie-Laure, militante de la première heure pour les droits des femmes : « J’étais déjà là pour manifester pour la mise en place de l’avortement. »
« On a fait de belles réunions sur le sujet avec les patrons », se souvient Jeannine avec amertume. Elles font partie de l’Union fédérale des retraités de la Banque et de l’Assurance, une branche affiliée à la CGT. Toutes les trois constatent que « ce n’est toujours pas résolu. C’est pour cela qu’on manifeste, pour nos filles ». L’égalité salariale et professionnelle est l’une des revendications fortes de la mobilisation féministe.

« En Avant Toute(s) »
15h40. Sit-in dans le boulevard Voltaire. D’un coup, la foule s’assied petit-à-petit. C’est l’heure symbolique à laquelle les femmes continuent de travailler gratuitement pour un poste identique à celui d’un homme, en France, selon les données de la direction de l’Animation et de la recherche, des études et des statistiques (DARES) de 2012. 35 000 personnes hurlent, huent et s’indignent contre les inégalités et les violences faites aux femmes, selon les organisateurs de la grève féministes
Parée d’un pull violet, d’un autocollant « En Avant Toute(s) » sur la veste et d’un bandeau fleuri dans les cheveux, cette militante* manifeste depuis dix ans. Elle constate qu’il y a « beaucoup plus de politiques et de syndicats qu’à mon époque, mais l’idée est toujours de défendre le droit des femmes. Et ça, c’est le plus important.» Plusieurs partis politiques sont présents, notamment Europe Écologie Les Verts et La France Insoumise, accompagnés de leurs candidats respectifs : Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. Tous deux sont candidats à l’élection présidentielle.

Sandrine Rousseau, « candidate malheureuse » de la primaire écologiste et désormais exclue de la campagne de Yannick Jadot, est également présente à la grève. Elle revient sur l’élection présidentielle : « Il n’y a aucune femme qui s’en sort. Toutes les femmes sont beaucoup bousculées dans cette campagne.» A voir, comment Nathalie Arthaud, Anne Hidalgo, Marine Le Pen et Valérie Pécresse s’en sortiront lors de l’élection présidentielle du 10 avril prochain.
*Elle a souhaité garder son anonymat.
Propos recueillis par Audrey Guettier
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