CHRONOLOGIE RÉSUMÉE

  • Novembre 1943 : Le Liban proclame son indépendance après 23 ans sous mandat français.
  • Juillet 1958 : Tensions religieuses internes entre chrétiens et musulmans auxquelles une intervention américaine mettra fin.
  • Novembre 1969 ; juin 1982 : Crises et interventions liées à la question palestinienne.
  • Juillet 1993 ; 2006 : Conflits armés impliquant Israël et le Hezbollah, une organisation libanaise politico-militaire de mouvance chiite (soutenu par L’Iran).
  • 1975-1990 : 15 ans de guerre civile entre milices armées autonomes qui a causé entre 130 000 et 250 000 victimes civiles.
  • 1990-2005 : Tutelle militaire syrienne.
  • Octobre 2019 : Manifestations de centaines de milliers de libanais qui réclament le départ de la classe dirigeante, jugée, incompétente et corrompue. Le gouvernement démissionne quelques jours après.

L’EXPLOSION : CAUSES & CONSÉQUENCES

Le nitrate d’ammonium a été le combustible à l’origine de l’effroyable explosion qui a secoué Beyrouth le 4 août dernier. Ce composé est utilisé comme engrais agricole ou dans des explosifs destinés aux mines et construction.

Avant d’exploser, les tonnes de nitrate était depuis fin 2013 dans le Hangar 12 du port de Beyrouth, sans qu’aucune action ne soit prise, malgré de multiples signalements aux autorités compétentes.

Alors que les responsables potentiels se rejettent la faute, qu’est-ce qui a enflammé le nitrate ? Les hypothèses d’une « action » extérieur ne se sont pas fait attendre. En effet, 3 jours après, le président libanais Michel Aoun évoque (avec incertitude) « un missile ou une bombe ».

Alors qu’une enquête interne est actuellement en cours, le président a refusé toute investigation internationale.

Le bilan humain est lourd avec 191 morts, plus de 6 500 blessés et près de 300 000 personnes qui se retrouvent sans abris.

  • Dans les jours qui ont suivi l’explosion :
  • 7 août : Emmanuel Macron est le premier dirigeant étranger à se rendre Beyrouth après l’explosion.
  • 10 août : Démission du gouvernement de Hassan Diab, sous la pression populaire.
  • 21 août : reconfinement total de la population pour plus de deux semaines, assorti d’un couvre-feu.
  • 31 août : Nomination de son successeur, Mustapha Adib, ancien ambassadeur Berlin peu connu au Liban, mais accusé d’être la solde d’un pouvoir corrompu la racine.
  • 1er septembre : 2ᵉ visite de Macron l’occasion du centenaire du « Grand Liban » (et du début du protectorat français).

ÉCONOMIE

À la récession que traverse le pays depuis 2018 s’ajoute une inflation sans précédent. Selon Business Inside, la livre libanaise aurait perdu 80% de sa valeur monétaire depuis octobre 2019. À titre d’exemple, « Entre septembre 2019 et mai 2020, le PAM a enregistré une augmentation de 56 % du prix du panier de 8 produits alimentaires de base (riz, le sel, le sucre, l’huile de tournesol, etc.)

En mars dernier, le pays s’est retrouvé confronté au premier défaut de paiement de son histoire : le régime n’a pas été en mesure de rembourser 1,2 milliard de dette qui arrivait à échéance 2 jours plus tard.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • + de 92 milliards de dollars de dette soit plus de 170% du PIB
  • 80% de ces ressources alimentaires sont importés
  •   25% du PIB appartient au 1% les plus riches du pays
  •   12,5% du PIB provient de transferts d’argent effectués par la diaspora

La moitié des libanais vivent sous le seuil de pauvreté

POLITIQUE


En 1989, les accord de Taef ont mis fin une guerre civile longue de 15 ans et mis en place un système confessionnel où le pouvoir politique est désigné sur la base de l’appartenance religieuse des politiciens. Ainsi, le président est systématiquement chrétien maronite et son premier ministre musulman sunnite.

Les libanais estiment aujourd’hui que ce régime politique a ouvert la porte une corruption très profonde. Ce type de démocratie paralyserait le travail politique gouvernemental au Liban : des gouvernements « d’union nationale » se forment et les principaux partis politiques représentés au Parlement se regroupent, ouvrant ainsi la porte aux blocages politiques.

Les libanais font face la défaillance des services publiques de base et la cherté de la vie. Les pots de Vins se sont banalisés pour obtenir des services normalement offerts gratuitement par l’État (attestations, licences, ressources…).

Parallèlement, les politiques sont fréquemment accusés de malversations, ils sont accusés d’endetter le pays en remboursant d’autres dettes arrivant échéance, en s’appuyant sur la Banque du Liban. Le Liban serait en 2019 le 43e pays le plus corrompu au monde selon Transparency International.

SANITAIRE


Suite la destruction du port de Beyrouth, des tonnes de déchets ont été rejetés dans le milieux marin et certains sont jugés dangereux. Or, il est impossible de traiter ces déchets sur les terres libanaises qui n’ont aucune infrastructure dédiée. On pourrait donc assister à une contamination dévastatrice du milieu marin.

Plus de la moitié de la population libanaise risque une pénurie alimentaire d’ici fin 2020, selon I’ONU.

Ainsi dans les rues de Beyrouth, l’heure est à la reconstruction solidaire ainsi qu’aux distributions volontaires d’eau et de repas, également assurés par les autorités locales et les associations internationales.

  • 11 août : La PAM annonce envoyer 50.000 tonnes de farine de blé au Liban pour contrer la destruction du seul silo grain du Liban.
  • 21 août : Reconfinement imposé afin diminuer la pression des hôpitaux, débordés par les malades de la Covid-19 et les blessés de la double explosion meurtrière du 4 aout.

Les explosions du port de Beyrouth entravent l’approvisionnement en nourriture du Liban : un risque de famine est imminent selon certains…

LA FRANCE, LE GRAND FRÈRE ?


Depuis l’explosion, Emmanuel Macron a effectué deux déplacements à Beyrouth afin d’affirmer son soutien au pays durant cette crise.

Des liens forts lient les deux pays, encore au centenaire du protectorat français qui régnait sur le pays.

  • environ 40% de la population libanaise parle français
  • 23 000 Français vivent au Liban
  • 210 000 Libanais sont installés en France

Le Liban considéré la France comme son premier allier occidental. La France considéré le Liban comme sa porte d’entrée au Moyen-Orient.

7 aout : Michel Aoun a sollicité l’aide de la France pour déterminer « déterminer s’il y avait des avions dans l’espace (aérien) ou des missiles » en amont de l’explosion.

Macron, de son côté, compte revenir de nouveau en décembre et presse donc les dirigeants libanais d’engager de véritables réformes durant ce délai, pour une meilleure gouvernance et contre la corruption endémique.

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