Le 9 août 2021, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a dévoilé un 6ᵉ rapport très préoccupant sur la situation climatique mondiale. Sans mesures pour enrayer le réchauffement climatique, la limite fixée par les Accords de Paris en 2015 de 1,5 °C d’ici à la fin du siècle ne sera pas respectée.
Le réchauffement apparaît comme l’un des grands défis du XXIe siècle, dans un monde où la population ne cesse d’augmenter, et avec une consommation toujours plus énergivore.
COMMENT PALLIER À L’URGENCE ENVIRONNEMENTALE EN PRENANT EN COMPTE DES PROBLÉMATIQUES SOCIALES ET ÉCONOMIQUES ?
QUE DIT LE RAPPORT ?
Revenons sur les gros points de ce rapport :
- Les émissions de de gaz à effet de serre (GES) sont en constante augmentation, on parle de 63% d’augmentation depuis trente ans. La quantité est telle qu’elle ne peut pas être absorbée entièrement par la planète.
- Au niveau mondial, on constate 1°C d’augmentation de température, avec une moyenne de 0,35°C sur les dix dernières années. A ce rythme, les 1,5°C seront atteints en 2035.
- La fonte des glaces s’accélère depuis quinze ans. Les 14 niveaux les plus bas de glaciation des eaux datent des 14 dernières années.
Le niveau de l’eau a augmenté de 9 cm depuis 1993.
UN ÉTÉ DÉSASTREUX
Cet été a été par marqué par de nombreuses catastrophes naturelles sans précédent. D’après le rapport de l’ONU publié le 1er Septembre 2021, le nombre de catastrophes naturelles et climatiques a été multiplié par 5 depuis 1970.
Le récent séisme à Haïti a fragilisé un pays en grande difficulté politique et économique. Les pays en développement sont les pays les plus exposés à ces changements climatiques. D’après la Banque Mondiale, ce sont 100 millions de personnes qui pourraient passer sous le seuil de pauvreté d’ici 2030.
Les incendies en Turquie, en Grèce et en Algérie ont été tout aussi destructeurs. La Turquie a perdu 136 000 hectares de forêt brûlés en trois semaines.
Sans économie durable, les catastrophes vont gagner en intensité dans les années à venir.
LE DÉVELOPPEMENT DURABLE, C’EST QUOI ?
Cette notion apparaît pour la première fois dans le rapport Brundtland publié en 1987. Le texte, rédigé par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland pour le compte de l’ONU, a servi de base pour les premiers sommets sur le climat.
Elle y décrit le développement durable comme “un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes, sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs”. Concrètement, il s’agit de pallier à l’urgence environnementale pour laisser un monde digne aux générations futures, sans pour autant mettre de côté les problématiques sociales et économiques actuelles.
SOUTENABILITÉ FORTE OU FAIBLE ?
En réalité, la traduction du rapport Brundtland serait plutôt développement soutenable. Deux visions économiques s’opposent :
- La soutenabilité faible est la vision libérale la plus dominante. Elle affirme que les capitaux sont substituables. C’est-à-dire que la destruction du capital naturel peut-être compensé par le capital humain ou matériel. L’essentiel étant qu’une génération transmette à la suivante un capital global équivalent. Le progrès technique pourrait réparer les dégâts causés par l’activité humaine.
À l’inverse, les défenseurs de la soutenabilité forte estiment que les capitaux ne peuvent se compenser. Il existe un capital naturel critique en dessous duquel il ne faut pas descendre.
UNE LENTE PRISE DE CONSCIENCE
- 1972 : La première alerte provient du rapport Meadows appelé “The Limits of Growth”. Il propose une taxation des industries et une répartition des richesses, ainsi qu’un contrôle démographique.
- 1992 : Le premier sommet de la Terre a lieu à Rio. Les 178 pays participants valident l’Agenda 21, le développement durable devient un véritable objectif.
- 2015 : Les Accords de Paris sont signés dans le cadre de la COP 21 par 197 pays reconnus par l’ONU.
2021 : Le rapport du GIEC souligne un manque de fermeté dans les mesures prises, malgré les décisions précédentes.
QUELLES SOLUTIONS ?
Le rapport du GIEC encourage des décisions, mais quelles solutions existent déjà pour les principaux pollueurs ? Et à quelles échelles ?
- La réglementation permet à l’échelle nationale ou européenne de poser des interdictions de pratiques polluantes. En juillet 2021, la Commission Européenne a émis le souhait que la production des moteurs thermiques soit arrêtée d’ici à 2035.
- La taxation était envisagée dès les années 1920 par le biais de d’Arthur Cecil Pigou. Cette solution permet de créer de nouvelles ressources fiscales, mais aussi faire payer aux entreprises la dégradation d’un bien commun (eau, air…).
- Le marché des quotas d’émissions est une solution plus libérale. Elle laisse au marché le soin de juguler les émission de gaz à effet de serre.
UN PROBLÈME DE RICHES ?
Il est difficile d’appréhender l’enjeu environnemental par le seul biais écologique. Ce sont les grandes puissances mondiales qui sont les plus gros pollueurs. Rappelons par exemple que les Etats-Unis et la Chine représentent à eux deux près de 43% des émission de CO₂. Afin d’impliquer les pays les moins développés dans la lutte contre le réchauffement climatique, il est impératif que ces derniers soient soutenus par les pays les plus riches. D’après l’ONG Oxfam, les aides Nord-Sud sont encore insuffisantes et surestimées. Les aides sont estimées à 60 milliards en 2018, il en faudrait près de 300 pour 2030.
La limitation des effets du réchauffement climatique ne peut donc se faire sans une réduction stricte des inégalités économiques et sociales entre pays et individus.
SELON TOI, COMMENT PEUT-ON LUTTER CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ?
SOURCES :
Geo.fr, Economie.gouv
Wikipédia, Kartable
Ecologie.gouv, Sénat.fr