LA RELANCE EUROPÉENNE ?

Le mardi 21 juillet, un plan de relance économique de 750 milliards d’euros est conclu par les 27 à Bruxelles. Après des jours de débats, la signature de cet accord est un soulagement pour les états dits « solidaires », menés par la France et l’Allemagne.

Selon Emmanuel Macron, cet accord est « le moment le plus important depuis la création de l’euro ». Qu’en est-il vraiment ?

RETOUR SUR UNE HISTOIRE EUROPÉENNE

QUELLES SONT LES DATES IMPORTANTES DE L’EURORE?

  • Le traité de Rome de Mars 1957 : C’est le premier traité fondamental des institutions politiques de l’Union Européenne.
  • L’Acte unique européen de février 1986 : L’acte unique a modifié le traité de Rome et a ouvert la voie au marché unique.
  • Le traité de Maastricht de février 1992 : Traité fondateur de l’Union Européenne, il prévoit la création de l’euro.
  • Le traité de Lisbonne de juin 2007 : Transforme l’architecture de l’Union sous la forme d’amendements.
  • L’accord de juillet 2020?

UN PLAN MARSHALL 2.0?

Ce plan de relance doit permettre de contrer la récession provoquée par la Covid-19. L’accord prévoit alors un endettement commun de 390 milliards d’euros.

Cet argent servira à soutenir les pays les plus touchés. La France recevra 40 milliards, l’Espagne 60 et l’Italie 70. Les fonds seront versés sous forme de subventions, et les états n’auront pas à les rembourser directement.

Il s’agit donc d’un véritable accord solidaire, qui correspond à la vision française de l’Union Européenne. En ce sens, c’est une victoire pour Emmanuel Macron.

FRUGAUX VS SOLIDAIRES

La bataille n’était pourtant pas jouée d’avance pour le couple franco-allemand. Deux visions s’opposent :

  • Celle des pays dits « solidaires » (du sud), qui souhaitent soutenir les pays les plus touchés par le Covid.
  • Celle des pays dits « frugaux » (Pays Bas, Autriche, Suède…) qui estiment que la gestion économique de l’Italie ou de l’Espagne serait trop « laxiste » pour pouvoir leur offrir de telles subventions.

Les pays du nord ont fini par monnayer leur ralliement : il ont obtenu la baisse du montant des subventions (de 500 à 390 milliards) et une hausse des rabais dont ils bénéficient sur le budget européen.

LE TRAUMATISME DE 2008

La crise de 2008 est encore ancrée dans les esprits européens. La crise grecque avait à l’époque menacée l’ensemble de la Zone Euro : la dette d’Athènes risquait de s’étendre à tous.

Si la récession provoquée par la Covid-19 s’annonce sans précédent, la volonté de solidarité affichée par une majorité de pays européens révèle également une volonté de tirer les leçons du passé.

Le montant exceptionnel des subventions contraste complétement avec la politique menée à l’époque. En termes de chiffres, l’accord du 21 juillet représente un « jamais vu ».

UNE EUROPE FÉDÉRALE ?

L’importance de l’accord n’est pas tant dans l’ampleur des montants mobilisés que dans son principe, qui instaure une forme de solidarité financière, inédite entre les Etats membres.

L’endettement commun des états est un signal fort. Construit sur 30 ans, il affirme la volonté des états de rester ensemble dans la durée.

Après la crise du Brexit, c’est une revanche. L’Union prend un véritable tournant fédéral.

UNE EUROPE VRAIMENT PLUS VERTE ?

C’est aussi le plan de relance le plus écologique au monde.

Les dirigeants européens ont introduit l’objectif d’allouer au climat 30 % du montant total des dépenses de l’UE. Cela signifie que, SOUS différentes formes et à différents moments, entre 2021 et 2027, environ 547 milliards d’euros de fonds européens seront mis à disposition pour la transition écologique sur tout le continent.

Cet accord est donc aussi historique puisqu’il marque aussi une écologisation des politiques européennes.

UN ACCORD HISTORIQUE ?

Sur le papier la réponse est donc : oui, cet accord est historique. C’est un plan exceptionnel pour une situation exceptionnelle. C’est aussi un pas vers une Europe fédérale et verte. Après le départ du Royaume-Uni, c’est un moment important.

Cependant, il faut encore que chacun des 27 états valide le plan de son côté. Même si Emmanuel Macron affirme que le contribuable ne sera pas pénalisé, la question d’un potentiel impôt commun freine l’engouement. L’accord ne pourra être vraiment historique que ‘s’il est appliqué tel qu’il a été présenté :

AFFAIRE À SUIVRE.

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