LUTTER POUR LA DÉMOCRATIE

Le débat autour du statut d’Hong Kong est relancé depuis le 30 juin, lorsque Pékin impose à la ville sa nouvelle loi sur la sécurité nationale. Hong Kong manifeste désormais depuis le 15 mars 2019 pour conserver son statut de Région Administrative Spéciale (RAS) au sein de la République chinoise. Quels sont les enjeux de cette lutte pour les habitants de la ville ?

RETOUR SUR L’HISTOIRE TOURMENTÉE D’HONG KONG

OÙ COMMENCE LA LUTTE ?

En 2019, en réponse à l’émotion suscitée par l’assassinat d’une femme à Taipei (Taïwan) par un ressortissant hongkongais, la cheffe de l’exécutif, Carrie Lam, dépose un projet de loi autorisant l’extradition.
Le 15 mars, les manifestations débutent pour la première fois. Ils demandent le retrait de l’amendement, et accusent Pékin de vouloir intervenir dans le système juridique d’Hong Kong qui est censé être indépendant.
Les Hongkongais se battent donc pour préserver leur particularisme, et ce afin de garantir la sécurité de la population face au système judiciaire chinois.

D’OÙ VIENT LA PARTICULARITÉ D’HONG KONG ?

Hong Kong a été une colonie britannique pendant plus de 150 ans, puis est occupé par le Japon pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ce n’est enfaite qu’en 1997 que son destin est de nouveau lié à celui de la Chine.
La rétrocession d’Hong Kong à la Chine est décidée lors de la déclaration sino-britannique signée le 19 décembre 1984. Le Royaume Uni s’engage alors à rendre l’intégralité de la colonie à la Chine et à l’inverse, Pékin s’engage à maintenir les systèmes économiques et législatifs, ainsi que le mode de vie hongkongais pendant 50 ans.
Le 1 er juillet 1997, Hong Kong devient la première égion Administrative Spéciale chinoise.

RÉGION ADMINISTRATIVE SPECIALE ? C’EST QUOI ?

Une région administrative spéciale (RAS) est une dénomination utilisée pour désigner une subdivision politique de la République populaire de Chine (RPC) ou de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, ou Corée du Nord) ayant un statut administratif spécial, notamment dans le domaine économique. Hong Kong et Macao sont les seules RAS chinoises actuelles.

QUE CHANGE LA LOI SUR LA SÉCURITÉ NATIONALE ?

Face aux manifestants, Pékin frappe fort et décide d’imposer cette loi, qui donne au régime des pouvoirs judiciaires sans précédent. La loi sur la sécurité nationale réprime quatre types d’infractions “séparatisme”, “subversion”, “terrorisme” et “collusion avec des forces extérieures étrangères”. Les crimes de “subversion” et de “séparatisme” sont définis par le fait “d’inciter à la haine des gouvernements” ou de défendre des opinions indépendantistes. L’objectif premier de Pékin est d’endiguer les manifestations, mais pas seulement. Cette loi rapproche Hong Kong du reste du territoire en mettant fin au fameux “un pays, deux systèmes”. Pour Xi Jinping, l’enjeu était de taille : il fallait légitimer le régime nationaliste en renforçant sa position intérieure.

LA FIN DE HONG KONG ?

Pour beaucoup de manifestants et d’analystes, la loi met fin à la ville libre telle qu’on la connaissait. Le texte anihile les libertés civiles et politiques de tout citoyen qui serait en désaccord avec le régime chinois.

Plusieurs figures du camp de l’opposition ont appelé coûte que coûte à manifester malgré l’interdiction de la police. Mais avec déjà près de 10 000 arrestations en un an de protestation, de nombreux cas documentés d’abus par la police sur les personnes arrêtées, et à présent la menace de cette loi, le régime espère que la majorité des
Hongkongais choisissent la prudence et restent chez eux.

QUE DIT LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE ?

Cette loi renforce donc de fait le pouvoir chinois et inquiète l’étranger. Au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, 27 pays dont le Royaume-Uni, la France l’Allemagne, l’Australie et le Japon, ont réclamé que Pékin réexamine la loi, qui menace les libertés.

Boris Johnson, s’est insurgé contre la promulgation de ce texte, estimant qu’il violait l’accord de 1984. Le Royaume-Uni a donc décidé d’accorder, à tous ceux qui peuvent prétendre au statut britannique d’outre-mer dans la ville d’Hong Kong, soit 3 millions de personnes, “la possibilité de vivre et de travailler, puis par la suite de demander
la citoyenneté” au Royaume-Uni.

LA SUITE ?

Depuis le 1er juillet, les manifestations ont repris et les premières arrestations pour “violation de la loi sur la sécurité nationale” ont vu le jour.
Si la victoire semblait acquise pour le régime chinois, l’ingérence des états étrangers tend à fragiliser la situation. Les États-Unis ont notamment promis des représailles, Taïwan a créé un bureau d’accueil destiné aux hongkongais…

Affaire à suivre…

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