Recep Tayyip Erdogan nait le 26 février 1954 à Beyoglu en Turquie. Après avoir été maire d’Istanbul pendant 4 ans, il est nommé premier ministre en 2003 suite aux élections parlementaires remportées par l’AKP, parti qu’il a fondé 2 ans auparavant.

L’idéologie de ce parti est plutôt conservatrice. La Turquie subit le chômage de plein fouet au début des années 2000. Le parti AKP doit, quant à lui, sa prise de pouvoir aux classes populaires dont le niveau de vie est au plus bas. Erdogan profite de ses premières années de nomination pour réformer le pays tant sur le plan économique que social.

Le gouvernement met en œuvre une politique de libéralisation du marché et d’ouverture de l’économie turque sur la scène internationale, jusque-là marquée par un protectionnisme.

La croissance économique turque est au plus fort et le gouvernement mis en grande partie sur le climat et la situation géographique de la Turquie pour développer le tourisme.

La croissance ralentit au début des années 2010 tandis qu’Erdogan, alors premier ministre, met en place un référendum à l’origine d’une réforme constitutionnelle pour créer un régime présidentiel en Turquie. En 2014, Erdogan est élu président avec 52% des voix et modifie la constitution pour faire de la Turquie un régime présidentiel. Le parlement ne détient plus le pouvoir, ce dernier est concentré entre les mains du nouveau président.

Tentative de coup d’État en 2016

Durant la nuit du 15 au 16 juillet 2016, des militaires s’emparent des institutions du pouvoir central et tentent un coup d’État pour prendre le pouvoir. La tentative se solde par un échec et les militaires sont arrêtés.

Cependant, les arrestations ne s’arrêtent pas là, des milliers d’opposants politiques, de journalistes, d’intellectuelles laïques, de professeurs d’université, de militant des droits de l’Homme font l’objet d’une purge gouvernementale.

Erdogan se range derrière l’idée d’une Turquie forte et patriote pour garantir l’ordre et la sécurité. Il obtient le soutien populaire pour assoir son pouvoir et poursuivre l’arrestation de ses opposants.

Il ferme alors des écoles, des bibliothèques, des maisons d’éditions, des journaux, des associations pour les droits de l’Homme, mais aussi des sociétés privées. Le gouvernement intente alors un procès contre le célèbre journal d’opposition « Cumhuriyet » accusé de soutenir le terrorisme.

L’idéologie Erdogan

Le parti de l’AKP (Adalet ve Kalkinma Partisi) signifie « parti de la justice et du développement ». Fondé par Erdogan, il est issu du parti de la vertu et est de tendance conservatrice. Prônant un nationalisme islamique, il ne remet pas en cause la laïcité instaurée par Atatürk, mais veut favoriser le port du voile chez les jeunes filles et la création de nouvelles mosquées à travers le pays.

Ainsi, on encourage les femmes « à tenir leur rôle de mères », on rejette le droit à la contraception et à l’avortement, les droits homosexuels tout comme la consommation d’alcool dans le territoire.

L’accord conclu avec l’Union Européenne dans lequel la Turquie doit retenir sur son territoire une large partie des migrants syriens, irakiens et afghans en échange d’une compensation financière, devient pour Erdogan un outil de dissuasion important dans les décisions européennes.

Problèmes identitaires

La politique du pays qui affirmait au début des années 2000  » n’être l’ennemi de personne et l’ami de tous « , affiche aujourd’hui une volonté claire de renouer avec l’influence déchue de l’ancien empire Ottoman, leader alternatif d’un monde musulman et acteur majeur du panturquisme.

Le gouvernement affiche une politique hostile à l’encontre de la communauté kurde présente sur son territoire. Cela se manifeste au travers d’arrestations de chefs politiques, d’entreprises privées dirigées par des kurdes ou encore l’interdiction de parler la langue kurde dans certains espaces. Après les élections municipales de 2019, plusieurs kurdes avaient remporté des mairies notamment à Diyarbakir ou Mardin. Le gouvernement décide alors de les remplacer par des administrateurs judiciaires jusqu’à la tenue de nouvelles élections.

Récemment, la reconversion d’anciennes basiliques en mosquées a contribué à mettre la lumière sur les chrétiens de Turquie, eux aussi victimes de répressions épisodiques de la part du régime.

La suite ?

À l’heure actuelle le bilan économique de la Turquie est mauvais. La population fait face à une inflation grandissante et une baisse de la valeur de sa monnaie, renforcé par la crise de la Covid-19. Le tourisme a également reculé sur ces dernières années provoquant ainsi la fermeture de plusieurs restaurants et hôtels.

L’ingérence de la Turquie à l’étranger a un coût considérable. À l’instar du sultan Ahmet au 17e siècle, Erdogan concentre aujourd’hui le pouvoir entre ses mains et ne semble par près de le lâcher. La Turquie, porte-étendard de la laïcité dans le monde musulman, voit son héritage s’effriter peu à peu…

par Rayan Berangui

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