RÉGIONALES, COVID ET ABSTENTION.

Les élections régionales juin de 2021 ont été marquées par une conjoncture sanitaire que l’on connaît tous, mais surtout par une abstention record, du jamais vu dans l’histoire de la Ve République.

Les derniers scrutins sont noircis pas des abstentions qui battent des records : 25% d’abstention aux élections présidentielles de 2017, 50% aux européennes de 2019 et 65% aux régionales de 2021. L’abstention ne cesse de progresser ce qui commence à poser un réel problème sur son interprétation.

COMMENT EXPLIQUER UN DÉSINTÉRÊT DE PLUS EN PLUS IMPORTANT PLUS LE VOTE ? QUELLES SOLUTIONS ENVISAGER POUR CONSCIENCE ÉLECTORALE ?

LE VOTE, C’EST QUOI ?

Cela peut paraître évident, mais le droit de vote est à la fois un droit et un devoir citoyen qui consiste à pouvoir donner son avis, sa préférence politique. Parmi les scrutins les plus communs, nous avons les élections européennes, A régionales, départementales et municipales. Présidentielles, législatives, sénatoriales,

Il existe trois types de scrutin :

  • Majoritaire. On vote pour une personne ou une > liste de personnes qui remporte la totalité des sièges en cas de victoire. (Présidentielles).
  • Proportionnel. Les sièges sont répartis en fonction du pourcentage généralement à partir d’un obtenu, certain seuil. (Européennes).
  • Mixte. Un pourcentage des sièges est acquis par le vainqueur, le reste des sièges est distribué de manière proportionnelle, y compris au vainqueur. (Conseil municipal des villes de plus de 3500 habitants).

RÉTROSPECTIVE DU VOTE

En France, il y a eu trois grands temps forts du droit de vote :

  • Depuis l’Ancien régime, et jusqu’en 1848, le scrutin était censitaire. Le suffrage censitaire consiste à payer un cens, pour pouvoir voter ou être éligible. Les modalités ont évolué lors des différents changements de régimes, mais restait globalement le même. Ce système réservait la politique à la tranche la plus riche de la population.
  • De 1848 à 1944, le droit de vote devient universel, pour les hommes. Tous les hommes de plus de 21 ans ont le droit de voter à condition d’avoir la nationalité française, mais il faut avoir 25 ans pour se présenter. Le vote devient secret. Les femmes sont encore exclues de ce droit.
  • Depuis 1944, le vote est étendu aux femmes. Chaque français, majeur et inscrit sur les listes électorales a le droit de déposer un bulletin dans l’urne.

ABSTENTION/VOTE BLANC : COMMENT L’INTERPRÉTER ?

L’abstention est une variable non négligeable de notre paysage politique actuel. La faute à des conditions particulières ? Ou alors à une communication hasardeuse sur les enjeux du scrutin ?

Quelles sont les raisons de cette abstention ? D’abord une asymétrie d’information, en effet, les gens sont peu, voire pas informés de l’utilité de certains scrutins, notamment les élections régionales et européennes, les plus boudées par les votants. Ensuite, il existe un problème de représentation, les abstentionnistes ne se sentent pas concernés par une politique qui leur semble très loin de leurs propres aspirations. Enfin, il y a aussi l’abstention partisane, qui signifie simplement que l’offre politique ne convient pas aux votants.

QUELS PROFILS ONT LES ABSTENTIONNISTES ?

Peut-on dresser un profil-type des abstentionnistes ? Il semble qu’il y ait des facteurs socio-économiques qui tendent à moins aller voter.

Au premier tour des élections régionales de 2021, 87% des 18-24 ans ne sont pas allés voter, les sympathisants de partis à l’extrémité de l’échiquier politique (Rassemblement National, La France soumise…) se sont aussi désintéressés de ce scrutin tandis que les adhérents des partis “traditionnels” ont voté un peu plus massivement. La région Grand-Est est celle qui a le moins voté, à l’inverse de la Corse.

Les profils de non-votants peuvent varier d’un scrutin à l’autre, mais il demeure que certaines variables qui ne changent pas, notamment la catégorie socio-économique et l’âge. Les jeunes de manière générale votent moins que les retraités, et les cadres se déplacent plus aux urnes que les ouvriers.

LE RÉFÉRENDUM, L’OUTIL DES GRANDES DÉCISIONS

Très peu utilisé avant la Ve République, il est réintroduit par le Général de Gaulle dans la Constitution de 1958. Le référendum est un vote particulier dans lequel les votant peuvent approuver ou rejeter (oui ou non) une décision venant du gouvernement.

Plébiscité par De Gaulle avec cinq référendums en 11 ans, dont celui qui actera sa démission, le référendum a aujourd’hui disparu de l’offre politique. Le dernier date de 2005, sur la ratification du traité de Lisbonne établissant une constitution européenne. Le référendum pourrait être une bonne solution pour de nouveau concerner les citoyens à propos de grandes décisions, et ainsi suppléer la démocratie représentative.

UN PROBLÈME DE REPRÉSENTATIVITÉ ?

Certaines modalités de scrutin posent des problèmes de représentation, c’est le cas des élections législatives. Ces élections se jouent au scrutin majoritaire. Le RN s’est énormément plaint d’être les grands perdants d’une élection majoritaire. Lors des élections législatives de 2017, le RN termine 3e avec 8,75% au 2e tour, mais n’a pris que 8 sièges sur les 577. Avec un vote proportionnel, que beaucoup jugent plus équitable pour ce scrutin, le RN aurait eu 51 sièges à l’Assemblée nationale.

Un problème se pose aussi au niveau du faible niveau de renouvellement en politique. La professionnalisation de la politique fait que l’on se retrouve avec les mêmes têtes de liste avec un fossé générationnel qui se creuse peu à peu.

COMMENT RELANCER LA CONSCIENCE POLITIQUE ?

L’intérêt pour le vote doit d’abord passer par un regain de conscience politique. Stimuler la démocratie participative pourrait permettre cela. A l’échelle locale, il faut concerner le plus de citoyens possibles, en les faisant participer aux décisions au sein de leurs villes, quartiers… Recentrer le débat public sur des questions qui préoccupent les non-votants comme la transition écologique, ou l’égalité des chances. Nous avons déjà eu des amorces de démocratie participative comme la Convention Citoyenne Pour Le Climat en 2019.

Rendre le vote plus accessible est une autre possibilité. Stanislas Guerini, le délégué général de la République en Marche, voulait faire du vote par correspondance ou sur internet une piste de recherche pour le prochain quinquennat.

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