C’EST QUOI ?
L’Arctique est la région entourant le pôle Nord de la Terre, à l’intérieur et aux abords du cercle polaire arctique. Elle comprend huit pays bordant l’océan Arctique que sont la Norvège, la Suède, la Finlande, la Russie, les Etats-Unis (avec l’Alaska), le Canada, le Danemark (avec le Groenland) et l’Islande. Et plus récemment, un nouvel acteur a fait son apparition dans les discussions concernant dans la région : la Chine.
Longtemps perçu comme un territoire hostile et inaccessible, l’Arctique redevient une préoccupation majeure pour les grandes puissances depuis le début du millénaire, et certainement pour les décennies à venir.
COMMENT L’ARCTIQUE EST DEVENUE UNE RÉGION AUSSI CONVOITÉE ?
UNE FONTE IRRÉVERSIBLE ?
L’été 2021 a été marqué par des records de température dans les pays bordant l’Arctique. L’accélération du réchauffement climatique, conséquence d’une industrialisation prolongée, provoque une fonte des glaces dans les pôles. Pire, la University College de Londres remarque une banquise arctique qui s’amincit jusqu’à deux fois plus vite que prévue.
Les grandes puissances circulant en Arctique amplifie aussi ce phénomène de fonte. Les navires utilisent du fioul lourd (HFO), un combustible réputé être le moins cher et le plus polluant. Le carbone noir, issu de la combustion du HFO, contribue alors 7 à 10 fois plus au réchauffement lorsqu’il se dépose sur la neige plutôt que sur une terre arable.
Les émissions de carbone noir liés au transport maritime ont déjà augmenté de 85% entre 2015 et 2019. Ainsi, l’augmentation du transport maritime en Arctique montre ses effets indésirables sur la fonte.
LA FONTE DES GLACES, UNE OPPORTUNITÉ UNIQUE ?
Avant le réchauffement climatique, les calottes de glaces épaisses rendaient l’extradition de ressources naturelles difficiles. Par conséquent, la fonte accélérée des glaces rend plus accessible l’accès aux ressources naturelles.
L’une des raisons qui a fait de l’arctique un enjeu géostratégique majeur tient à la publication en 2008 de l’étude de l’institut américain de géologie. En effet, cette étude estime que le sous-sol arctique renferme 13% des réserves mondiales de pétrole et 30% de celles de gaz. Des richesses auxquelles s’ajoutent des métaux comme l’or, le diamant, le fer, l’uranium ou encore les fameuses terres rares…
DE NOUVELLES VOIES MARITIMES POUR BIENTÔT ?
A l’heure actuelle, il existe deux grandes voies maritimes permettant de transporter des marchandises entre l’Asie et l’Europe. La première passe par le canal de Suez en Egypte. Reliant le port de Shanghai à celui de Rotterdam, le parcours fait environ 20.000 km. La deuxième route, 25% plus longue, passe par le canal de Panama.
Cette fonte au pôle nord permettrait à terme l’ouverture durable de nouvelles routes maritimes beaucoup plus rapides pour relier l’Asie à l’Europe. Une aubaine pour le commerce mondiale. Le passage dit du nord-est peut d’ores et déjà être emprunté par des navires commerciaux pendant les trois mois d’été. Le passage du nord-ouest, plus dangereux, restera plus longtemps inaccessible.
A QUI APPARTIENNENT LES RESSOURCES ?
La Fédération de Russie détient la part de richesses la plus importante de l’Arctique, puisqu’on estime que 58 % des hydrocarbures de la région sont sous son contrôle. L’autre moitié des ressources sont partagées entre les septs autres riverains.
Cependant, Pékin a multiplié les manœuvres diplomatiques pour se faire une place en Arctique. L’activisme diplomatique actuel est précédé par le développement d’un intérêt croissant de la Chine pour les régions polaires en matière scientifique.
En s’appuyant sur des partenariats stratégiques, noués avec la Russie ou l’Islande, la Chine exploite aujourd’hui des hydrocarbures de l’Arctique, ou encore l’utilisation des voies maritimes pour les exportations vers l’europe.
LE CONSEIL DE L’ARCTIQUE, UNE SOLUTION CONTRE UNE CATASTROPHE ?
Face à tous les enjeux économiques, environnementaux et géopolitiques, un Conseil de l’Arctique a été institué le 19 septembre 1996 . Le Conseil de l’Arctique qui réunit les 8 pays riverains, est un forum intergouvernemental traitant des problèmes rencontrés par les gouvernements des États ayant une partie de leur territoire dans l’espace arctique et par les peuples autochtones de la région.
Toutefois, ce conseil ne semble pas être très efficace dans la mesure où il n’a aucun pouvoir contraignant, sauf émettre des déclarations formelles à la fin de chaque présidence. Bien souvent des vœux pieux face à une réalité où chacun défend ses intérêts, en oubliant la réalité du futur de l’Arctique.
QUEL BILAN ?
Depuis que l’on a la certitude que le réchauffement climatique rendra l’arctique toujours fois plus accessible à l’exploitation, des tensions naissent entre les acteurs présents sur le terrain.
Plusieurs raisons sont à l’origine de cette tension à savoir la présence de ressources naturelles dans la zone (gaz, pétrole, poissons etc…) ou encore l’ouverture de nouvelles voies maritimes pour faciliter le transport de marchandise. La zone attire ainsi de nouveaux acteurs tel que la Chine.
Des moyens pour encadrer la présence et les tensions en arctique sont tout de même déployés, tel que le Conseil de l’arctique qui reste pour le moment quelque peu inefficace.
SELON TOI, QUELS ENGAGEMENTS DOIVENT PRENDRE LES PAYS AU SUJET DE L’ARCTIQUE?
SOURCES :
Revue, L’OBS, le 11 juin 2021 “Chine-Russie contre Etats-Unis : la nouvelle guerre froide a commencé”
Revue, GEO, le 17 mai 2021 “Pourquoi
l’Arctique est-elle une région stratégique aussi convoitée ?”