L’Arménie est un petit pays enclavé du Caucase, limitrophe avec la Turquie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Iran. Depuis le 12 juillet dernier, le pays subit des attaques de son pays voisin, l’Azerbaïdjan.

L’agressivité entre les deux nations s’est accrue depuis des décennies. Le nationalisme n’a jamais été aussi fort et chaque incident attise le feu plus que le précédent. De nombreux affrontements entre la diaspora arménienne et azerbaïdjanaise ont même éclaté dans différentes capitales occidentales telles que Los Angeles, Londres, etc.

CONFLIT ACTUEL

Tout commence le 12 juillet 2020 lorsqu’une jeep militaire azerbaïdjanaise tente, pour des raisons inconnues, de violer la frontière de l’Arménie dans la région de Tavush, au nord-est de l’Arménie.

Après une sommation des Arméniens, les soldats azéris quittent le véhicule et retournent à leur position. Un peu plus d’une heure plus tard, des soldats azerbaïdjanais, tentent de s’emparer d’un avant-poste arménien par des tirs d’artillerie, mais sont repoussés.

Dans un contexte de pandémie mondiale et de non-respect du cessez-le-feu mis en place, ces escarmouches menées jusqu’à présent par artillerie et par drone inquiètent. Retour aux sources de décennies de tension dans le Caucase…

MISE EN CONTEXTE

La République fédérative démocratique transcaucasienne était un État du Caucase du Sud de courte durée (22 avril – 28 mai 1918) qui englobait l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie actuels, ainsi que quelques zones turques et russes.

Cette fédération transcaucasienne a pris fin après la première guerre mondiale. La Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont devenus des pays satellites de l’URSS dans un contexte de guerre froide. Staline décide alors de créer une région autonome en Azerbaïdjan pour les Arméniens ethniques, appelée Haut-Karabakh.

HAUT-KARABAKH : DATES CLES

1988-1994 : Le Haut-Karabakh se déclare État souverain suite à un vote général rejeté par l’Azerbaïdjan. S’en suite une guerre de 6 ans qui fera près de 30 000 morts et des centaines de milliers de migrations. À l’issue de la guerre, le Haut-Karabakh revendique son indépendance, qui n’est reconnue par aucun pays. De plus, ce sont près de 700 000 azéris qui sont déracinés de leurs foyers. Serzh Sarkisian, ex-président arménien, avouera que le pays a eu recours à une politique délibérée de massacres pour faire fuir les civils azéris.

Malgré le cessez-le-feu de 1994 signé par le Haut-Karabakh, l’Azerbaïdjan et l’Arménie, les accrochages entre les différentes parties sont assez fréquents et atteigne un pic en 2016, durant la guerre des 4 jours. En effet, du 2 au 6 avril 2016, de violents affrontements éclatent aux frontières du Haut-Karabakh, jugés comme les plus meurtriers depuis 1994.

INGERENCE TURQUE

L’Arménie est un pays chrétien. En revanche, l’Azerbaïdjan, qui entretien des liens étroits avec la Turquie, est un pays musulman et turcophone.

Pour beaucoup, ce conflit avec l’Arménie s’inscrit alors dans un processus d’assimilation culturelle des populations non turques à la culture turque (ou turquisation).

“Nous continuerons à remplir cette mission, que nos grands-pères ont menée pendant des siècles dans le Caucase” Recep Tayyip Erdogan

“Cette mission” qualifiable de panturquiste, ou unification des peuples turcs, cache un effroyable nettoyage ethnique encore d’actualité avec les kurdes de Turquie, mais entamé dès l’époque de l’empire ottoman avec les assyriens, les Grecs ou ces mêmes arméniens.

GENOCIDE ARMENIEN

Un évènement crucial dans la compréhension du contexte actuelle est le génocide arménien, perpétré par l’Empire Ottoman en 1915. Après une phase de déportation menée entre avril et octobre 1915, une seconde phase d’extermination sera mise en œuvre de l’hiver 1915 à octobre 1916. Au total, c’est 2/3 de la population arménienne qui est exterminée.

C’est seulement à partir de 1965 (50 ans après les faits) que les premiers états reconnaissent un génocide en Arménie. Plus de 100 ans plus tard, le gouvernement turc, refuse toujours de reconnaître un génocide en tant que tel…

LA SUITE ?

Ces tensions plongent la région du Caucase dans un statut particulier et durable, entre paix fragile et offensives ponctuelles.

Il est clair qu’à l’origine de ce problème se trouvent des sentiments sous-jacents de nationalisme panturquiste exacerbé, mêlée à une arménophobie forte, cultivée à travers les générations en Azerbaïdjan et en Turquie.

Si la communauté internationale suit le conflit de près et s’inquiète d’une aggravation de la situation, la France, qui avait rencontré les 2 camps en mars 2017, font des efforts de médiation en insistant sur les principes de suivi du cessez-le-feu et de non-usage de la force. Cependant, les autorités du Haut-Karabakh, région autonome arménienne en Azerbaïdjan, ne sont pas pris en compte. Il serait alors nécessaire de les inclure aux discussions afin d’obtenir une solution convenable à tous.

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